Quand un seul navire braconnier peut décimer des centaines de milliers de requins par an

Mon Environnement
Par Mon Environnement janvier 14, 2018 16:46

Quand un seul navire braconnier peut décimer des centaines de milliers de requins par an

L‘arrestation du Labiko 2, navire de pêche sur liste noire internationale, par la garde-côtière libérienne, assistée de Sea Shepherd, permet de lever le voile sur les pratiques douteuses et largement illicites de l’industrie de l’huile de foie de requin. Après avoir été boutés hors des eaux européennes, ces propriétaires et opérateurs sans scrupules, principalement basés en Espagne, ont jeté leur dévolu sur l’Afrique occidentale.


Dans le milieu des années 1990, une flotte d’environ 50 navires de pêche de requins benthiques, détenue majoritairement par l’Espagne, a fait des ravages dans l’océan Atlantique nord est. Pendant près de dix ans, les filets maillants de ces bateaux ont ratissé le plateau continental au large du Royaume-Uni, si bien que la population de requins de fond est tombée à 20% de ses effectifs d’origine. Les scientifiques spécialistes de la pêche estiment que la longueur cumulée des filets déployés par cette flotte à chaque passage était comprise entre 5800 et 8700 km, soit la distance entre l’Espagne et les Etats-Unis.

L’activité de la flotte de pêche, majoritairement basée en Espagne, était mal connue, peu d’informations ayant été transmises aux autorités de pêche sur les prises et les prises accessoires. L’abandon de filet en mer, à la fois par perte involontaire et par lâcher délibéré, était une pratique courante. Chaque bateau perdait environ 30 km de filets maillants à chaque sortie, qui durait de 4 à 8 semaines. Ces filets, aussi appelés « filets fantômes », peuvent continuer de tuer tout ce qu’ils « attrapent » pendant des années. Ils représentaient également 750 tonnes de déchets plastiques rejetés en mer chaque mois.

La quantité de matériel de pêche utilisée, associée à la quantité de matériel perdu, a conduit à l’effondrement des populations de requins benthiques.

Par conséquent, le Conseil international pour l’exploration de la mer a fixé le taux admissible de capture (TAC) à zéro pour les requins de l’Atlantique nord est, interdisant de fait la capture de requins d’eaux profondes. La pêche de requins benthiques en Afrique de l’Est et en Inde a eu le même effet que dans l’Atlantique nord-est.

La découverte d’une unité de production d’huile de foie de requin à bord du Labiko 2 au Libéria démontre que les pilleurs de requins se sont tournés vers l’Afrique de l’Ouest.

Quand le Labiko 2 a été abordé par la garde-côtière libérienne avec l’assistance de Sea Shepherd, il a été rapidement établi que ce bateau n’utilisait pas de palangres, comme sa licence l’indique, mais des filets maillants de pêche en eau profonde, utilisés pour cibler des requins benthiques. Il s’avère également que ce bateau, sous son précédent nom “Maine”, figurait sur la liste noire internationale de trois organismes régionaux de gestion des pêches. Pour obtenir sa licence au Libéria, le Labiko 2 avait soumis ce que l’on appelle au sein des autorités de régulation des pêches « une demande cheval de Troie », c’est-à-dire une demande pour pratiquer une autre pêche que celle qui est déclarée, pour dissimuler la destruction engendrée par leurs activités réelles.

« Les propriétaires et les opérateurs du Labiko 2 ont conspiré pour contourner les lois du Libéria, détruisant par la même occasion l’environnement marin de ce pays. Je l’ai déjà dit et je le répète, la République du Liberia n’est pas ouverte aux pilleurs », a insisté l’honorable Brownie Samukai, Ministre de la Défense du Liberia.

Une unité de production d’huile de foie de requin se trouvait à bord du Labiko 2. D’après les documents examinés à bord, les précédentes sorties en mer avaient permis de capturer 40, 52 et 60 tonnes d’huile de foie de requin. Quarante tonnes d’huile de foie de requin correspondent à environ 53 000 requins tués. La durée moyenne d’une sortie du Labiko 2 est comprise entre 15 et 18 jours, ce qui signifie que le Labiko 2 tuait au bas mot plus de 500 000 requins par an.

Les populations de requins grandissent lentement, atteignent leur maturité tardivement et se reproduisent peu. Elles sont donc particulièrement vulnérables à la surpêche. Mais comme le montrent les données de chargements trouvées à bord du Labiko 2, l’industrie de l’huile de foie de requin, par le simple nombre de squales tués, a un impact environnemental tel, qu’elle peut décimer une pêcherie en à peine un an.

« Le Labiko 2 est une catastrophe écologique flottante. La garde-côtière du Liberia et Sea Shepherd ont sauvé des centaines de milliers de requins à travers l’arrestation de ce braconnier notoire. Il incombe désormais au Liberia d’intenter une action en justice contre le Labiko 2 pour s’assurer que les populations de requins au Liberia ne subissent pas le même sort que les requins benthiques en Europe, en Afrique de l’Est et en Inde, » a alerté le directeur de la campagne Peter Hammarstedt.

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