La préservation de la planète passe aussi par l’espace

Mon Environnement
Par Mon Environnement janvier 14, 2018 16:09

La préservation de la planète passe aussi par l’espace

Les agences spatiales d’une vingtaine de pays ont inauguré lundi un « Observatoire spatial du climat ». Objectif : mutualiser les données, précieuses, issues de l’espace.

Et si la lutte pour la préservation de la planète bleue passait aussi… par l’espace ? Les agences spatiales d’une vingtaine de pays ont proposé lundi soir la création d’un « Observatoire spatial du climat ». La Chine, le Japon, l’Inde, l’Europe, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, la Suisse, l’Autriche, la Suède, la Norvège, la Roumanie, Israël, l’Ukraine ou encore les Emirats Arabes Unis ont ainsi adopté cette « Déclaration de Paris », rédigée sous l’impulsion de la France dans le cadre du One Planet Summit. Les agences américaine et russe manquaient en revanche à l’appel. Le but de la manœuvre : mutualiser les données climatiques obtenues depuis l’espace.

À quoi va servir cette agence ?

Sur les 50 variables climatiques essentielles à la compréhension du climat, 26 sont observées depuis l’espace grâce à des satellites. Ces derniers suivent notamment l’évolution des températures du globe, la hausse du niveau des océans, l’émission de gaz à effet de serre comme le gaz carbonique et le méthane. « Dans la mesure où la surveillance depuis l’espace est par essence indépendante des frontières et universellement accessible, l’espace est particulièrement pertinent pour permettre la prise de conscience des questions liées au changement climatique », soulignait déjà la Déclaration de Paris, adoptée lors de la COP 21. « Le changement climatique étant un processus à long terme, il est absolument vital de disposer de séries de données de haute qualité s’étendant sur une longue période (au moins 30 ans) », relève le texte.

Le but de cet Observatoire spatial du climat est donc de coordonner tous les moyens qui existent. « Aujourd’hui, la plupart des pays ne partagent pas leurs données satellitaires sur le climat. Il faut arriver à une libre circulation de ces données », explique à l’AFP Jean-Yves Le Gall, le président du CNES (Centre National d’Etudes Spatiales). « Mais il faut aussi que les pays se mettent d’accord sur la nomenclature de ces données, sur leur forme, afin qu’on puisse les comparer ». « La Déclaration de Paris va permettre de lancer le mouvement. Les Chinois sont pleins d’allant », assure même le patron du CNES.

Seuls des satellites très performants seront à même de mesurer de manière indépendante les émissions de gaz à effet de serre

Dans un premier temps, les agences favorables au projet vont réfléchir à des standards communs pour leurs données climatiques. En clair, il s’agit d’être certain que les satellites des différents pays observent la même chose. « L’objectif est de créer ensuite un site rassemblant toutes ces données », comme cela existe déjà pour les données spatiales sur les catastrophes naturelles au niveau mondial, indique Jean-Yves Le Gall.

Cet accord entre les agences vise également à encourager les partenariats, du type de celui présenté vendredi dernier : les agences spatiales française et chinoise ont dévoilé vendredi à Pékin  leur premier satellite commun, qui sera lancé en 2018 en Chine.

À quoi vont servir ces données ?

Prendre des mesures pour limiter le réchauffement climatique est inutile si l’on ne parvient pas à faire de bilan. Et ce sera précisément le but de ces données. Pékin décide de limiter sa circulation ? La ville pourra faire appel à un satellite européen pour voir si ses mesures de restriction ont un impact. Idem pour Paris, qui pourra recouper avec les données et les outils d’analyses issus des cellules de recherches des autres pays. « Seuls des satellites très performants seront à même de mesurer de manière indépendante les émissions anthropiques (fabriquées par l’homme) de gaz à effet de serre au niveau de chaque grande ville, de chaque groupement industriel », explique Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Idem pour le réchauffement des eaux : le Centre national d’étude spatial, basé à Paris, permet de mesurer la température des océans à un niveau inégalé dans le monde. Avec cet accord, les autres agences spatiales pourront en bénéficier.

Au-delà du bilan, ce genre d’initiatives aura un aspect préventif majeur : cela permettra, par exemple, de mieux prévoir les tempêtes et les cyclones, afin de faciliter l’évacuation ou la préparation des populations. Le satellite sino-français évoqué plus haut sera précisément affecté à cet objectif, et il pourra bénéficier à l’ensemble des pays signataires.

Comment assurer le financement ?

La question du financement n’est pas encore tranchée. Le but de la création de cet Observatoire, selon Jean-Yves Le Gall, est aussi « d’en appeler à la responsabilité collective ». En clair, les agences signataires espèrent susciter un élan financier, tant de la part des Etats que d’éventuels donateurs privés.

Reste désormais une question : cette alliance pourra-t-elle se priver de la participation des Etats-Unis ? Aujourd’hui, les données américaines sont parmi les plus pointues, notamment dans le domaine météorologique. Et les chercheurs du monde entier y ont déjà largement accès. Mais la volonté du président Donald Trump de se retirer de l’accord de Paris sur le climat laisse craindre une baisse de l’implication américaine dans la conquête spatiale à visée environnementale.

Des pistes (controversées) pour limiter l’impact du soleil

Cette alliance entre agences spatiales pourrait aussi donner un coup d’accélérateur en matière de recherche en géo-ingénierie, dans le but de limiter la hausse du réchauffement climatique. Pour l’heure, les pistes (concernant l’espace) à l’étude sont encore loin de faire l’unanimité. Un moyen serait par exemple de placer en orbite des miroirs géants capables de dévier une partie du rayonnement solaire. Autre méthode : injecter de minuscules particules réfléchissantes dans la stratosphère. Des expérimentations sont prévues en Arizona dès l’automne 2018. Bémol de taille à toutes ces techniques : elles ne changeraient rien aux concentrations de CO2 dans l’atmosphère, qui, en plus de réchauffer la température, acidifient dangereusement les océans et modifient le régime des pluies. Les scientifiques mettent aussi en garde contre un « choc terminal » : un réchauffement soudain si le système devait ne plus fonctionner.

Mon Environnement
Par Mon Environnement janvier 14, 2018 16:09
Écrire un commentaire

Pas de commentaires

Aucun commentaire pour l'instant!

Let me tell You a sad story ! There are no comments yet, but You can be first one to comment this article.

Écrire un commentaire
Voir les commentaires

Écrire un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.
les champs requis sont indiqués*